Les hommes sont le Sel de la terre

Début septembre, j’ai découché … l’info de ouf …

L’important là dedans, c’est que j’ai dormi chez mon amie photographe-la-plus-géniale-du-monde-entier-de-l’univers, Cécile Creiche. Cécile, elle est photographe lifestyle, mariage en grande partie, au milieu des séances familles, engagement… Elle bosse aussi avec Médecins du Monde et c’est la nouvelle photographe attitrée de l’ASSE St Etienne. Vous l’aurez compris, Cécile, elle a la classe, et aussi un grand cœur. ❤

Et donc en tant que photographe, elle a une vraie culture de la photo. Sur un mur, elle a accroché des dizaines de cadres et parmi eux, j’ai eu un véritable coup de cœur : Un portait en noir et blanc d’une jeune femme avec une capuche en fourrure.

Je lui demande qui est l’auteur de cette photo, elle me répond « Sebastiao Salgado ». Elle me dis que cette photo là aussi c’est de lui, celle là aussi … en effet j’avais bien flashé sur ces autres également.

Elle m’explique que c’est un photographe professionnel qui parcours les pays les uns après les autres pour photographier les gens du monde, les conditions difficiles des populations. Et elle ajoute qu’un film a été fait sur son travail, Le Sel de la terre, que c’est une grosse claque.

Suite à ça, je fais des recherches sur ce fameux Sebastiao Salgado, je lis Wikipédia en long et en large, ça me passionne. Je cherche toujours plus de photos de cet homme incroyable qui ne photographie qu’en noir et blanc. Et il se trouve que la jeune femme qui apparaît sur cette photo fait partie du peuple des Nenets, ethnies qui vit en Sibérie. J’avais adoré l’épisode de Voyage en terre inconnue avec Charlotte de Turckheim chez les Nenets justement : ces éleveurs de rennes proches du cercle polaire, qui changent de campement plus de 70 fois par an sur 1000 km, qui dorment avec leur couches de vêtements en peau par -15°. Charlotte de Turckheim avait failli se perdre dans le brouillard en s’étant éloignée de quelques mètres juste pour faire pipi ! Bref, j’avais carrément adoré ces gens et les retrouver sur ces magnifiques photos m’a beaucoup touchée.

Puis j’ai vu le film… et là, la claque. Ça m’a bouleversée. Réalisé par son fils et sortit en 2014, il retrace les quarante années de travail de Sebastiao Salgado, qui a commencé par photographier les miniers des mines d’or au Brésil. Puis les extractions de pétrole et ces hommes couvert de l’or noir de la tête aux pieds. Puis les exodes en masse, les migrants de l’ex Yougoslavie, la famine au Rwanda…

Ce dernier sujet a été pour moi le plus dur à supporter. Ce qui s’est passé au Rwanda est abominable, le fait est qu’on le sait, mais ça ne se passe trop loin de chez nous donc ça ne nous touche pas, pire, on finit par oublier. On consomme à outrance, on ne finit pas nos assiettes, on jette… C’est notre quotidien d’habitants de pays développé et riche. Sauf que ça fait du bien aussi de voir des images aussi dures, ça ramène un peu les pieds sur terre, ça connecte avec le monde réel.

Je me suis demandée comment Salgado avait pu tenir devant tant de souffrance, comment il pouvait avoir encore foi en l’Homme après ça. Je me pose toujours ces questions d’ailleurs, le film ne donne pas la réponse. La réponse elle se trouve au plus profond de cet homme, à la force mentale aussi incompréhensible qu’exceptionnelle.

Puis il se tourne vers la photographie de paysages, la planète dans son authenticité. C’est de cette oeuvre là que sont tirées les photos dont je vous parlais plus haut, GENESIS. 8 années lui ont été nécessaires pour capturer ces images, de terre brute, non foulée par l’homme, de végétation, d’animaux. L’éléphant est juste extraordinaire !

En voyant certaine photo, je me suis demandée comment il avait pu les prendre : où est il perché ? comment as-t-il fait pour s’approcher si près ? Combien de temps a-t-il attendu sans bouger avant d’appuyer sur le bouton ? Encore une fois une force de caractère et de la nature démesurée. Je vous laisse juge avec les photos que je préfère de la série GENESIS, cliquez sur la galerie pour les voir en grand format, vraiment !

Cette découverte m’a fait me poser beaucoup de questions donc, tant sur l’homme que sur le travail. C’est ce que j’aime en ce moment et qui fait que je suis de plus en plus curieuse. Ne plus avoir d’a priori, du genre « non mais ça moi, ça m’intéresse pas ». Ne plus avoir l’esprit étriqué, juste s’ouvrir  et observer, pour passer d’un sujet à l’autre, rebondir en se laissant guider par les recherches, les liens…

Je vous laisse avec la bande annonce du film Le Sel de la terre. Il faut savoir regarder le monde avec ses beautés mais aussi avec ses horreurs. Même si ce n’est pas votre genre de film, puisque ça reste un documentaire, soyez curieux et découvrez ces superbes images et cet homme hors du commun.

 

Les hommes sont le Sel de la terre