Pilule or not pilule ?

Toutes les illustrations de cet aricle sont de Philippe Desserprit et Penelope Bagieu/Agent Virginie et parues sur le site www.choisirsacontraception.fr

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Cet article semble s’adresser aux femmes uniquement, messieurs il vous est aussi destiné, vous allez peut être apprendre des choses qui pourront vous aider à comprendre les femmes de vos vies.

J’ai envie de partager mon expérience sur la contraception même si c’est très personnel. C’est presque un sujet tabou, on en parle seulement avec son gynécologue, son médecin, sa meilleure amie. Je pense qu’il y a un vrai problème et j’aimerai en faire un sujet moins fermé, moins médical.

J’ai commencé à prendre la pilule à 16 ans, j’avais mon premier copain sérieux, j’ai demandé à ma maman de pouvoir la prendre. J’avais également de l’acné, la pilule était le remède, j’allais faire d’une pierre deux coups. Ma gynéco me donne Diane 35… Oula … Je prends 6 kilos, je ne fais que manger, j’ai tout le temps faim. Puis, pour une raison que j’ai oubliée, je fais des tests sanguins, on découvre que j’ai du cholestérol. De toute évidence, cette pilule ne me convient pas. Je revois la gynécologue qui me prescrit une autre pilule, moins dosée. En effet, l’acné disparaît, je perds les kilos que j’avais pris et mon taux de cholestérol baisse, tout rentre dans l’ordre.

Puis suite à mes déménagements pour mes études, je change de gynéco. En 2007 à Lyon, elle me propose l’implant. L’implant est un bâtonnet en plastique qui se place sous la peau dans le bras pour 3 ans. Il diffuse, comme la pilule, des hormones dans le corps. En surface, il n’a que des avantages : plus besoin de penser à prendre sa pilule tous les soirs, plus de risque de l’oublier du coup, plus de règles. En gros plus de contraintes !

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Petit aparté pour vous messieurs qui auriez besoin d’un petit éclairage : le cycle d’une femme s’apparente à une fleur : quand vous arrosez une fleur, tout va bien, quand vous arrêtez, elle fane et perd ses feuilles. Lorsqu’on prend la pilule, on prend un comprimé par jour pendant 21 jours, on arrose, puis on arrête pendant 7 jours et on recommence une nouvelle plaquette le 8ème jour. C’est un cycle normal de 28 jours. Lorsqu’on arrête, les règles arrivent, c’est la fleur qui fane.

Donc avec l’implant pas de règles car on arrête jamais d’arroser la fleur, il diffuse en continue des hormones dans le corps. Cette contraception m’a convenu jusqu’au retour des boutons d’acné… Hey vous m’aviez manqué les gars ! Bien que j’essaye de les traiter, ils réapparaissent systématiquement, sur les joues en particulier. Je vais voir un dermatologue qui m’annonce que l’implant est le pire moyen de contraception, moi qui pensais avoir trouvé THE solution… Il m’explique que les règles servent aussi à dépolluer le corps des toxines et que sans règles, elles s’évacuent par un autre moyens. Bon, retour à la case « gynéco », ne passez pas par la case départ ne touchez pas 20 000 francs !

Je me fais retirer l’implant et reprends une pilule mini dosée comme avant, les boutons disparaissent une nouvelle fois. Il faut savoir que ma pilule me coûte 30€ tous les 3 mois, non remboursée par la sécurité sociale. Je ne comprends pas vraiment pourquoi certaines sont gratuites et d’autres payantes, bref. Tout va bien pendant des années, jusqu’en 2013.

Je vais à la pharmacie renouveler ma pilule quand la pharmacienne m’annonce qu’elle a été retirée du marché et qu’elle ne peut pas me la délivrer. WHAT THE FUCK retirée du marché ? Comment je fais ? Seule un gynéco ou un médecin peuvent me prescrire une pilule et je n’aurais pas de rdv avant 1 semaine ! La pharmacienne me conseille de faire attention pendant un mois le temps que je reprenne une contraception. Ok, sauf que je suis en colère ! Ma gynéco aurait pu me prévenir ! Et retirée du marché, ça me fait peur, ça veut dire qu’elle est dangereuse pour la santé et que je la prends TOUS les jours depuis des années ! Je me sens comme un cobaye sur lequel on fait des tests.

Ma gynéco essaye de me rassurer en me disant qu’ils ont préféré suspendre la vente de cette pilule de 3ème génération car elle provoquerait des AVC et de l’hypertension artérielle chez certaines femmes… Ah wai, ça me rassure un max, t’as vu comme je suis rassurée là ?  Elle ajoute que c’est surtout les femmes qui fument qui sont concernées. Admettons, je lui demande quand même de m’expliquer cette histoire de génération : les pilules combinées contienne des œstrogènes et des progestatifs, le type de progestatif définit la génération de la pilule. Les 3ème et 4ème sont plus risquées, comparées à celles de 1ère et 2ème génération. A ce moment là, je n’ai plus confiance, je ne veux pas continuer à prendre la pilule et cherche un autre moyen de contraception. Il en existe beaucoup, je vais forcément trouver celui qui me convient. Je vais sur le site choisirsacontraception.fr qui est plutôt très bien fait, et je fais le point :

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  • Le stérilet, pas pour moi, il faut déjà avoir eu des enfants,
  • Le préservatif masculin ou féminin,  ça va 5 minutes, quand tu es en couple depuis longtemps tu aspire à une sexualité moins contraignante, plus spontanée,
  • Les spermicides, il faut les associer à un préservatif, on en a déjà parlé,
  • L’implant, déjà testé, never again !
  • L’anneau vaginal, le patch, même combat que la pilule, ça diffuse des hormones, je n’ai plus confiance,
  • Le diaphragme ou la cape cervicale (cervicale ?), il faut les placer juste avant, pas de spontanéité non plus. Certes je peux les mettre 2h avant, mais ça veut dire que je dois prévoir de faire l’amour, et ça ne se prévoit pas ces choses là, ça se vit !
  • Les progestatifs injectables, sensiblement comme l’implant, avec les mêmes effets secondaires, NEXT !
  • La pilule du lendemain, c’est une contraception de rattrapage, d’urgence, ça ne peut pas être utilisé quotidiennement,
  • Et puis voilà, j’ai fais le tour.

Je n’ai pas trouvé le moyen miracle, je sens déjà que je n’ai pas d’autre choix que de reprendre la pilule et j’y vais à reculons. En septembre c’est reparti et là,  c’est le drame ! Je suis en sorte de dépression : je ne supporte rien, je suis irritable, je pleure pour rien, je suis sans arrêt fatiguée et triste. J’ai l’impression que je ne peut rien réussir, que je suis une moins que rien. Je me demande ce qui m’arrive.

Messieurs il est important que vous sachiez tout ça : quand on dis à une femme « Oulala mais t’as tes ragnagnas ou quoi? » il faut savoir qu’en effet les hormones ont un effet sur nous qui peut être assez violent. On ne peut rien y faire, c’est bien plus fort que nous et nous sommes les 1ères déstabilisées. L’important c’est de le savoir, quand vous remarquez que votre chérie est irritable, n’en rajoutez pas, demandez lui si la mauvaise période arrive et aidez là en étant encore plus présent, ça durera une petite semaine. Comme toujours la communication dans un couple évitera bien des prises de becs inutiles.

Dans mon cas ça dure 3 mois, puisque cette pilule me fait me sentir mal en continue. Je comprends finalement que la dose d’hormones que je prends quotidiennement est la fautive, mon corps sature. Il est inconcevable pour moi de rester comme ça, je décide d’arrêter les dégâts.

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Ma gynéco me parle d’un stérilet plus petit pour les femmes qui ne sont pas encore maman, j’ai envie d’te dire, j’ai rien à perdre ! Tant que ces fichues hormones restent en dehors de moi. On est en décembre 2014, je ne garderai ce stérilet que 3 mois : maux de ventre et plein de désagréments, pas vivable non plus. Allo Gynéco ? C’est le bordel ! Vous faites des cartes de fidélité sinon…? Alleeeez une consult’ gratos au bout de 10 ?

Bon, retour à la pilule avec une nouvelle molécule et retour de la dépression ! Ok, j’en teste une autre, puis une autre, puis une autre… 3 autres sur les 3 mois qui ont suivi, même constat, mes nerfs vont lâcher. Gynéco HELP ! Elle m’explique qu’on ne peut pas savoir à l’avance si on va supporter la molécule de telle ou telle pilule. Qu’il faut les tester pour savoir laquelle nous convient. Je crois que là, niveau test, je suis bien tu vois. On est en mai 2015, je prends THE décision, j’arrête !

J’arrête donc la pilule et ne prends plus aucune contraception. Je prends mes marques avec ce choix, puisque je ne veux pas d’enfants tout de suite. D’habitude c’est la raison pour laquelle on arrête toute contraception, là c’est différent. J’arrête parce que j’en ai marre, marre de me bousiller la santé avec des hormones depuis 13 ans, marre d’être l’objet de test à grande échelle. Je pense aussi que je ne supporte plus aucune pilule parce que tout simplement je n’ai plus confiance et que c’est une action par défaut, le cerveau n’est pas fou, le forcer à prendre un truc qu’il ne veut pas, il se défend et dit à ton corps tout entier de se mettre en mode rejet.

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Ça va rapidement mieux, au bout d’un mois, je retrouve une vie sereine, beaucoup moins de saute d’humeur, je reprends goût aux choses. Après  2-3 mois, je perds 2 kilos que je traînais depuis des années, sans rien faire. Je retrouve un cycle naturel très précis, je retrouve mes règles au jour près, plus ponctuelles que sous pilule. D’ailleurs j’utilise une application qui s’appelle Cycles, qui me permet de savoir où j’en suis. Je renseigne la date de mes dernières règles, ça me donne les jours où j’ai des chances/risque de tomber enceinte, le jour d’ovulation, et les dates de mes prochaines règles. Je gère et je me sens libre. Je me sens forte de m’être débarrassée du blabla des médecins qui m’ont laissée une fois de plus dans le noir sans s’intéresser à mes problèmes. Je suis fière d’avoir dis « non » au diktat des laboratoires qui nous font prendre n’importe quoi.

Aujourd’hui, ça fait presque 9 mois que vis FREE et tout va bien. J’ai toujours quelques marques d’acné, à 29 ans c’est rageant mais c’est dû justement à un dérèglement hormonal. Ma dermatologue m’a dit qu’il n’y avait rien à faire, que ça irait mieux à ma 1ère grossesse, que les hormones se stabiliseraient. Je m’y suis faite, on verra.

Dernière chose, tout récemment, c’est d’ailleurs ce qui m’a fait écrire cet article, j’ai pris une pilule du lendemain. J’avais un doute, j’ai préféré assurer mes arrières. Mon dieu… L’état dépressif est revenu direct, les nerfs à vif, en quelques jours j’ai pris un kilo. J’ai senti la patate, j’ai prévenu Mr Koala, Chéri si je suis imbuvable, c’est la faute à la pilule. Je ne suis vraiment pas moi même quand je prends ces cachets. Je ne regrette pas, si je l’ai fait c’est que j’avais un trop gros doute et que c’était nécessaire. Il vaut mieux ça qu’un enfant non désiré. Mais tout ça pour dire que cette dose supplémentaire d’hormones provoque chez moi une réaction violente, que ce soit sur une prise longue ou très occasionnelle. Les effets ont duré 10 jours, bien assez long.

MORALITÉ…

Je me suis mise à la place d’une petite nana de 16 ans, je me suis dis bichette, si elle vit cette réaction violente sans avoir de recul, elle ne comprendra pas ce qui lui arrive. Elle ne saura même pas que ça peut venir de sa pilule. Comment ça se passe dans ces cas là ? Elle reste avec ce mal être ? C’est plutôt triste et pas digne de la médecine d’aujourd’hui.

Si vous vous reconnaissez, si quand vous remontez le fil de votre « vie contraceptive » vous vous rendez compte que ça à cafouillé sans raison, posez vous la question : est ce que ma pilule me convient ? Soit vous changez et tout va bien, soit vous ne supportez pas une dose hormonale en plus. Dans les 2 cas, il faut vraiment considérer le problème, parce que ça peut vraiment pourrir la vie. Et il faut savoir que n’importe quand, la pilule que vous prenez depuis des années peut d’un coup ne plus vous aller. Le monde hormonal est capricieux et les médecins n’ont pas de remède pour les dérèglements de ce type, en tout cas c’est ce qu’ils m’ont dit.

N’ayez pas peur de vous affranchir des solutions pseudo modernes dont ne disposaient pas nos grands mères. Oui, on a la chance d’avoir ces moyens, le droit à l’avortement, contrairement à ces femmes condamnées à faire des enfants pour un moment d’intimité. Mais il ne faut pas se forcer si notre corps les rejette ou si on n’est pas en accord. Ne vous culpabilisez pas, soyez juste vous mêmes, vous êtes libres de faire vos choix.

Si vous souhaitez essayer de faire un stop dans votre prise de pilule, assurez vous d’être assez responsable, ce n’est pas une décision à prendre à la légère, il faut être sérieuse et attentive. Parlez en avec votre partenaire, il a son mot à dire, il faut que vous soyez tous les 2 d’accord.

Chaque personne à son équilibre, sa solution, trouvez celle qui convient vraiment.

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